Publié par : Nicolas Leroy — Rédacteur en chef
Une coque sur les phalanges ne suffit pas à prouver l’homologation des gants moto. Pour vérifier une paire, cherchez son étiquette intérieure : marquage CE, pictogramme motard, référence EN 13594:2015 et niveau de protection. Ces indications permettent de distinguer un équipement de protection certifié d’un simple gant à l’allure sportive. En France, cette vérification concerne aussi bien le conducteur que son passager.
Lire l’étiquette avant de juger l’apparence du gant
Dans le langage courant, on parle de gants « homologués ». Le terme le plus précis est toutefois gants certifiés comme équipements de protection individuelle, ou EPI. Le marquage CE indique leur conformité aux exigences européennes applicables. La norme EN 13594:2015 décrit, quant à elle, les exigences et méthodes d’essai propres aux gants de protection pour motocyclistes. CE n’est donc pas, à lui seul, le nom d’une norme moto.
Testez vos connaissances sur l’homologation des gants moto
Répondez aux 6 questions, puis validez vos réponses pour découvrir votre score et les explications.
Les repères à chercher à l’intérieur
L’étiquette se trouve généralement dans la manchette, parfois dissimulée parmi les indications de taille et d’entretien. Dépliez-la et examinez ses différentes faces. Pour identifier clairement un modèle certifié selon EN 13594:2015, recherchez les éléments suivants :
- Le marquage CE, relatif à la conformité réglementaire.
- Le pictogramme représentant un motocycliste, qui identifie l’usage prévu.
- La référence EN 13594:2015, correspondant à la norme utilisée.
- Le niveau de protection, avec éventuellement la mention KP.
- L’identification du fabricant et du modèle, utile pour retrouver sa documentation.
Par exemple, une indication « EN 13594:2015 — 1 KP » désigne un gant de niveau 1 dont la protection des articulations a été évaluée. À l’inverse, une annonce affichant seulement « qualité CE » ne permet pas de connaître les performances moto du produit.
Avant un achat en ligne, demander une preuve lisible
Consultez la fiche technique, puis demandez une photographie de l’étiquette si la norme ou le niveau manque. La déclaration UE de conformité et la notice du fabricant permettent également de recouper les informations. À réception, vérifiez que les références correspondent bien au modèle commandé. Conservez l’étiquette cousue : la retirer rend l’identification de la certification plus difficile, notamment lors d’un contrôle.
Niveaux 1, 1KP et 2KP : ce que la certification distingue
Le chiffre exprime un niveau d’exigence, pas une catégorie de trajet imposée. Le niveau 2 répond à des exigences supérieures au niveau 1 sur plusieurs critères de résistance. Les lettres KP signifient knuckle protection : elles indiquent que la protection des articulations a satisfait aux essais d’impact correspondants.

| Marquage | Ce qu’il indique | Point d’attention |
|---|---|---|
| 1 | Exigences du niveau 1, sans validation KP indiquée | Un gant souple sans coque peut être certifié. |
| 1KP | Niveau 1 avec protection des articulations testée | Comparer aussi la paume et le maintien au poignet. |
| 2KP | Niveau 2 avec protection des articulations testée | Vérifier la mobilité et l’ajustement à l’essayage. |
Dans cette norme, la protection contre les impacts aux articulations est obligatoire au niveau 2 : le repère attendu est donc 2KP. Une fiche qui mentionne seulement « niveau 2 » mérite une vérification de l’étiquette et de la notice, plutôt qu’une interprétation à partir du descriptif commercial.
L’absence de coque rigide n’exclut pas automatiquement la certification. À l’inverse, une coque volumineuse en carbone ne démontre ni le niveau global du gant ni la résistance de ses coutures. Des protections souples peuvent aussi être utilisées : c’est le résultat des essais, et non l’aspect du renfort, qui importe.
Les essais évaluent le gant entier, pas seulement ses renforts
La norme examine plusieurs façons dont un gant peut se détériorer lors d’une chute. L’abrasion correspond au frottement contre une surface ; la coupure et le déchirement concernent la résistance des matériaux ; les essais sur les assemblages évaluent la tenue des coutures face à l’ouverture ou à l’éclatement. Le système de maintien est également sollicité pour limiter l’arrachement du gant.

Pour l’abrasion, attention aux chiffres comparés sans leur protocole. Motoblouz et Moto-Station citent 1,5 seconde au niveau 1 et 2,5 secondes au niveau 2, tandis que Racer présente 4 et 8 secondes. Ces valeurs ne doivent pas être traitées comme des durées de glissade garanties sur route. Pour comparer deux produits, privilégiez le niveau certifié et les informations d’essai précisément documentées par leur fabricant.
Pensez à la trajectoire d’un contact avec le bitume : elle peut creuser un sillon dans une zone de paume, puis rencontrer une couture ou le bord d’un renfort. C’est pourquoi une pièce très résistante ne suffit pas si sa jonction avec le reste du gant est fragile. À l’achat, observez la continuité de la protection entre paume, tranche de la main et poignet, plutôt que de compter les coques visibles.
Le cuir, le textile et les fibres de renfort comme le Kevlar peuvent participer à cette construction. Aucun nom de matériau ne remplace cependant l’évaluation du produit fini. De même, une membrane étanche ou une doublure chaude améliore le confort sans définir, à elle seule, le niveau de protection mécanique.
En France, l’obligation s’applique aussi au passager
Le port de gants certifiés CE est obligatoire depuis le 20 novembre 2016, à la suite du décret n°2016-1232 du 19 septembre 2016. L’obligation concerne les conducteurs et les passagers de motos, scooters, cyclomoteurs, tricycles et quadricycles à moteur concernés par le Code de la route. Un trajet court ou effectué par temps chaud ne dispense pas de cet équipement.
Le défaut de port de gants conformes expose à une contravention de troisième classe, soit une amende forfaitaire de 68 €. Le montant minoré est de 45 €, notamment en cas de paiement dans les 15 jours selon les modalités applicables. Le conducteur encourt également un retrait d’un point sur son permis ; le passager ne perd pas de point pour cette infraction.
Lors d’un contrôle, une étiquette lisible facilite la vérification. Si elle est absente ou devenue illisible, ne concluez pas pour autant que le gant n’a jamais été certifié : recherchez sa référence et contactez le fabricant. Une facture prouve l’achat, mais ne décrit pas nécessairement la conformité du modèle.
Choisir une paire protectrice que l’on peut vraiment porter
En ville, un gant souple certifié, idéalement doté d’une protection KP, peut faciliter l’usage des commandes. Sur route et en tourisme, comparez davantage la couverture du poignet, les renforts de paume et les modèles 2KP. Pour la piste, vérifiez aussi les exigences de l’organisateur : la certification routière ne résume pas ses conditions d’accès.
À l’essayage, fermez le serrage puis placez les mains comme sur le guidon. Les doigts ne doivent pas buter douloureusement, la paume ne doit pas former un gros pli et le gant doit résister à une traction raisonnable lorsqu’il est fermé. Une manchette protectrice perd de son intérêt si le gant peut quitter facilement la main.
Adaptez enfin l’équipement à la saison sans sacrifier la prise des commandes. Si le budget est limité, privilégiez une certification vérifiable, un bon ajustement et un maintien efficace avant les détails esthétiques. Inspectez régulièrement coutures, paume et fermeture ; après une glissade, une déchirure ou une usure marquée, faites évaluer le remplacement. Une certification atteste les performances du modèle neuf, pas l’état permanent de votre paire.